Ministre du logement de 2009 à 2012, Benoist Apparu a initié la première fiabilisation du DPE fin 2010. Huit ans après, il dresse pour DiagActu un bilan plutôt contrasté de cette réforme.

Secrétaire d’Etat chargé du Logement et de l’Urbanisme de juin 2009 à février 2012, puis ministre en charge du Logement jusqu’en mai 2012, Benoist Apparu avait initié la première fiabilisation du DPE en octobre 2010, quelques semaines avant l’entrée en vigueur de son affichage dans les annonces immobilières.

Huit ans après, aujourd’hui Président du directoire din’li, Benoist Apparu confie à DiagActu une certaine déception au sujet de l’évolution de ce diagnostic. Le DPE n’a pas rempli selon lui toutes les missions qui lui avaient été confiées. « A l’époque, nous espérions qu’il deviendrait un élément déterminant de la valorisation d’un bien immobilier. Notre objectif était d’inciter massivement les propriétaires à réaliser les travaux d’amélioration de la performance énergétique. Or force est de constater que le poids du DPE dans le prix est plus faible que nous ne l’escomptions ». La faute au marché immobilier qui reste très dominé par le jeu de l’offre et de la demande. « La qualité intrinsèque du bien, et donc l’impact du DPE, est plus prégnante dans les territoires où l’offre est supérieure à la demande », observe-t-il.

Mais pas question pour l’ancien ministre du Logement de condamner ce diagnostic qui reste un outil « majeur » et même « indispensable », car il guide de nombreuses aides et constitue en outre « un indicateur précieux de la qualité de la performance énergétique du bâtiment et sur son évolution ».

Les diagnostics, un « sujet d’une grande valeur »

Un outil dont une nouvelle réforme de fiabilisation est en cours de concertation en vue de sa future opposabilité. Une « bonne mesure » estime Benoist Apparu pour qui cette opposabilité « va responsabiliser toute la chaine ».

Quant aux autres diagnostics techniques, ils sont d’une « grande valeur », considère l’ancien ministre. « Les diagnostics ont introduit un tiers de confiance dans une relation complexe entre les différentes parties à la transaction. Ils ont apporté une meilleure sécurisation des transactions et évitent bien des recours ».

Dans ce cadre, les diagnostics immobiliers sont donc « nécessaires » estime-t-il, tout en s’inquiétant cependant de la propension des Pouvoirs publics à en créer toujours de nouveaux. « Pris isolément, il est évident que chaque risque en termes de santé et de sécurité pour l’occupant d’un logement est légitime. Mais plus on multiplie, plus on complexifie et plus l’intérêt initial des diagnostics faiblit ».

source : Diagnostiqueur Immobilier